I.- Les fruits amers du L&G, documentaire
Un film réalisé par Matthieu SAMEL (50'/1992)
Co-production Fin'Amors Films/Multimédia
Avec le soutien du Conseil Régional d'Aquitaine
(Agence Nouvelles Communications)
Diffusions :
1992 : Festival du film d'Orthez, Vidéothéque Bordeaux-Aquitaine, Lycée G. Leygues Villeneuve-sur-Lot
1993 : Télévision suisse-romande (TSR), Aqui-TV (Câble), Conférence-débat Cinéma Cyrano Bergerac
1994 : Festival de Sarlat
2005 : Entretiens de Cadouin (Ministère de la Jeunesse et des Sports/Uffej)
2006 : Lycée Marguerite Filhol Fumel
2007 : Zalea TV (Internet)
2008 : Festival Mars-Attac Agen, Université de l'Education Populaire, 4e Alter-Tour cycliste
2009 : Lycée Lomet Agen
2011 : Rencontres de Duras
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Pour lire les notes que j'ai rédigées à propos du film : ICI
Commandez le DVD du film, sans bouger de votre fauteuil.
bon de commande à télécharger : ICI
Quelques photos du tournage :
1.- CAFI_rue
2.- CAFI_la chapelle
3.- Len-dong
Projection :
Les établissements scolaires, centres culturels, cinémas,...
intéressés par une projection de ce film
à l'occasion d'une manifestation à thème,
peuvent me joindre au 06.70.33.65.88.
ou en passant par le formulaire de contact de ce blog
afin de connaître les conditions de la prestation
(mise à disposition du film, présence du réalisateur,...)
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II.- Au sujet de la Communauté Indochinoise française
Quelques coupures de presse :
Le Courrier International du 20 au 26 août 2009
Le Matin du 7/8 juillet 1979
Labyrinthe_français(suite et fin)
III.- La presse en a parlé...
Le film d'un exil/Le Petit Bleu/25 aout 1991 (1/2)
Le film d'un exil/Le Petit Bleu/25 aout 1991 (2/2)
L'exil sur pellicule/Sud-Ouest/30 aout 1991
Le Cafi dans l'objectif/Sud-Ouest/29 mars 2008
IV.- Arrêté Morlot du 20 mai 1959_le texte
MINISTERE DE L'INTERIEUR
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Service des Français Rapatriés d'Indochine
Centre d'orientation
ARRÊTÉ
portant règlement des Centres d'Accueil organisés
pour l'hébergement des Rapatriés d'Indochine.
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Le Ministre de l'Intérieur,
Vu le décret N°59-I54 du 7 janvier 1959 portant transfert au Ministère de L'Intérieur de certains attributions précédemment confiées au Ministère des Affaires Etrangères en matière d'accueil et de recensement des Français rapatriés d'Indochine.
A r r ê t e
Art. Ier. - des Centres d' Accueil administrés par le Service des Rapatriés d'Indochine sont réservés à l'hébergement des familles françaises rapatriées d'Indochine depuis 1955, sur réquisition du Haut Commissariat ou de l'Ambassade de France au Vietnam, qui se trouvent démunies de ressources et n'ont pas eu la possibilité de se loger par leurs propres moyens à leur arrivée en France.
Art. 2. - Les familles rapatriées dans les conditions ci-dessus, y trouvent un hébergement provisoire de caractère essentiellement précaire et révocable.
Art. 3. - L'hébergement dans un Centre d'Accueil n'est pas un droit. Il n'est accordé qu'en fonction de la situation des familles intéressées et de leurs ressources à leur arrivée en France.
ADMISSIONS - MUTATIONS - EXCLUSIONS
Art. 5. - L'admission dans un Centre d'Accueil est prononcée par le Préfet, Chef du Service des Français Rapatriés d' Indochine, après examen de chaque cas particulier.
Art. 6. - La mutation dans un autre Centre d'Accueil, ou l'exclusion de tous les Centres définis ci-dessus sont prononcées par décision ministérielle.
Ces décisions seront exécutoires avec le concours de la Force publique, si les personnes mutées ou exclues n'y obéissent pas de leur gré.
LOGEMENTS
Art. 7. - Le logement est désigné à l'hébergé par le Gestionnaire en fonction de l'effectif de la famille au moment de l'accueil.
Art. 8. - Les modifications pouvant intervenir en cours d'hébergement dans la composition des familles hébergées n'ouvrent pas droit à l'attribution de locaux supplémentaires.
Art. 9. - Aucun logement distinct ne sera mis à la disposition d'un nouveau ménage qui serait constitué postérieurement au rapatriement.
DEVOIRS DES HEBERGES
Art. 10. - Les lois et règlements de police en vigueur sur le territoire de la commune où est situé le Centre d ' Accueil sont sans exception applicables à toute personne hébergée dans ledit Centre. En outre, la qualité d'Hébergé dans un Centre d'Accueil entraîne automatiquement pour l'hébergé l'obligation de respecter la réglementation de discipline générale dans ces Centres.
DISCIPLINE GENERALE
Art. 11. - Les chefs de famille sont pécuniairement responsables de tous les objets mobiliers ( meubles , linge, ustensiles de cuisine, etc…) mis provisoirement à leur disposition par la Direction du Centre.
Art. 12. - Ils doivent maintenir en bon état de propreté le logement qui leur est attribué, ainsi que les abords extérieurs.
Art. 13. - La visite des logements peut être effectuée par le personnel d'encadrement du Centre. Les personnes hébergées sont tenues de faciliter ces contrôles.
Art. 14. - Aucune personne étrangère au Centre ne peut être accueillie par une personne hébergée sans l'autorisation préalable du Gestionnaire.
Des permis de séjourner pourront être accordés aux membres non hébergés des familles hébergées, mais pour une durée n'excédant pas trente jours.
Art. 15. - Toute personne séjournant sans autorisation dans un Centre d'Accueil sera mise en demeure de quitter ce Centre dans les vingt-quatre heures. La famille accueillante s'expose elle-même à une sanction analogue ou à une mutation dans un autre Centre.
Art. 16. -Des mutations de Centre à Centre pourront être effectuées sur proposition de la Direction de la Main d'œuvre pour faciliter le reclassement des chefs de famille sans emploi. Certaines mutations qui pourraient également être jugées nécessaires au bon ordre, pourront être prononcées par le Préfet, Chef du Service des Français Rapatriés d'Indochine sur proposition du Gestionnaire.
Art. 17. - L'exclusion des Centres sera prononcée contre les personnes dont l'hébergement aux frais de l'Etat ne paraît plus justifié.
Ce sera le cas notamment :
- Lorsque des transferts de fonds ou des attributions de Dommages de Guerre mettent ces personnes en possession de ressources suffisantes pour leur permettre de vivre sans l'aide de l'Etat ;
Lorsque les moyens d'existence ( salaire, retraite, pension ) ou le train de vie (marques extérieures de richesse telles que voitures, appareils de télévision, machine à laver, frigidaires, etc…) sont incompatibles avec la condition d'assisté, hébergé aux frais de l'Etat ;
Lorsqu'elles ont refusé de faire l'effort nécessaire pour subvenir à leurs besoins (refus d'un emploi offert en rapport avec leurs moyens physiques et intellectuels) ;
Lorsqu'elles exercent sans autorisation une activité commerciale dans le Centre ;
Lorsqu'il s'agira d'enfant de rapatrié, ayant atteint sa majorité, apte physiquement à gagner sa vie ou dont la présence au Centre est jugée inopportune à la suite de doléances motivées par sa conduite.
Art. 18. - En cas de mutation ou d'exclusion, si les nécessités du bon ordre l'exigent, le Gestionnaire pourra demander l'intervention des Services de Police et de la Gendarmerie.
Art. 19. - Indépendamment des poursuites et sanctions prévues par les lois et règlements, l'exclusion ou la mutation dans un autre Centre sera également prononcée pour sanctionner les actes suivants :
a) - dégradation volontaire aux immeubles ou meubles ou installations composant le Centre
b) - jeux d'argent
c) - ivresse habituelle ou usage de stupéfiants
d) - atteinte aux bonnes mœurs
e) - violences ou incorrections envers le personnel d'encadrement ou envers d'autres hébergés
f) - inobservation des instructions prescrites par le Gestionnaire
g) - manifestations déplacées ou susceptibles de troubler l'ordre dans le Centre
Fait à Paris , le XX mai 1959.
P. le Ministre et par délégation.
Le Directeur-Adjoint.
Signé : MORLOT
V.- A propos de l'arrêté Morlot
Ainsi, ce fut le fameux arrêté qui fera de ces citoyens français, rapatriés de l'ancienne Indochine, des êtres ...traumatisés.
Du fait de son caractère martial et inhumain, le règlement applicable dans les centres d'accueil en a fait des êtres soumis et apeurés face à une tutelle composée le plus souvent d'anciens militaires ou encore de fonctionnaires coloniaux reclassés dans ces camps et chargés de l'appliquer.
En réalité, durant leur longue existence de plus de 50 années sur la métropole française, -leur "patrie", disait-on-, ils connaîtront toutes les difficultés pour se reclasser et s'assimiler et devenir des Français comme les autres. La raison réside dans leur besoin de reproduire le mode de vie indochinois : religion, cuisine, postures physiques, langue,... Ce fut la seule "arme" à leur disposition pour surmonter un déplacement vécu par la plupart comme une expatriation plutôt qu'un retour. Elle consistait à se regrouper pour "se serrer les coudes".
Aujourd'hui, cette attitude serait taxée de communautarisme. Pour ces naufragés de l'Histoire coloniale française, ce fut la solution pour parvenir à vivre sur une terre qui ne fut pas tout à fait la leur. Seul le temps passant adoucira un peu leur condition : le temps où ils "décideront" de partir pour d'autres cieux rejoindre leurs ancêtres (qui n'étaient pas tous Gaulois).
Paradoxalement, la concentration d'une telle population dans un camp, qui permettait aux autorités en charge des rapatriés d'Indochine de faire appliquer l'arrêté Morlot (cf. texte), venait en contradiction avec toute volonté d'intégrer une population française d'origine non-européenne dont on craignait les velléités de révolte comparables à celles des Indochinois alors requis internés dans les camps et les casernes du département (et d'ailleurs) que les autorités eurent tant de mal à réprimer*.
La mise en place d'un tel règlement serait-elle due à une volonté de prévenir toute révolte ainsi que les anciens requis indochinois ont pu le faire en réaction au traitement qu'ils ont subi. L'aspect pervers de cet "accueil" se traduisait par une sorte d'ostracisme : un site coupé du reste de l'agglomération livradaise. Une épée de Damoclès planait au dessus de la tête des hébergés si bien l'exclusion fut la règle dès que la moindre entorse au règlement était constatée.
A Sainte-Livrade et dans les autres centres d'accueil, il semblait bien que la mise en place d'un tel dispositif d'accueil fut dictée par la crainte de voir se reproduire les événements survenus après la Libération, durant la période d'internement des tirailleurs et travailleurs forcés indochinois (Service de la Main-d'œuvre indigène et coloniale).
Déjà, l'accueil annoncé de ces Travailleurs Indochinois fut plutôt mal perçu par le conseil municipal qui, lors d'une délibération du 19 avril 1948, menaça de démissionner si l'installation de ces travailleurs indochinois devenait effective dans le camp du Moulin du Lot de Sainte-Livrade.
Du fait des conditions de leur internement, les révoltes de travailleurs indochinois se répétèrent dans les camps si bien que leurs spectres continuaient de planer jusqu'à l'arrivée des Rapatriés d'Indochine qui subiront l'autorité d'une tutelle qui ne parvenait pas à évacuer leur sentiment de supériorité sur ces "nha quê".
Les histoires des Indochinois requis et des Indochinois "rapatriés" semblent intimement liées si bien que l'historiographie officielle occulte les faits comme s'il s'agissait d'événements honteux.
* Voir plus loin :
Ouvrage consacré aux requis indochinois de l'après-guerre : "Les Requis indochinois et la Marâtre (1945-1952) Editions du Sampan (Tonneins/2010)
VI.- Mes contributions à la revue "ANCRAGE"
1.- Un enfant d'ici et d'ailleurs - N°6/octobre 2003
Un_enfant_d'ici_et_d'ailleurs/1
Un_enfant_d'ici_et_d'ailleurs/2
2.- Ses ancêtres les Gaulois - Hors-série/avril 2006
3.- Pourquoi j'ai voulu filmer - N°26/octobre 2008
Découvrir la revue "ANCRAGE" :
VII.- Un film en cours de finition (52')
Les Enfants de Quan Âm
(documentaire de création)
Il s'agit du second volet documentaire consacré à la communauté indochinoise décrite au travers du prisme de la seconde génération : les enfants des Indochinois déplacés en même temps que leurs parents à la suite de la signature des Accords de paix de Genève (juillet 1954).
Ils donnent leur sentiment quant aux conditions de l'accueil réservé à leurs parents et familles.
Le film est le témoignage d'une situation : il donne à réfléchir plutôt qu'il ne dit ce qu'il faut penser. Il fournit les éléments nécessaires à une réflexion afin que chacun s'empare de la question liée à la décolonisation. Ainsi l'arrêté Morlot, du nom de son signataire, en est un exemple éloquent de la manière dont les autorités en charge de l'accueil des Français d'indochine (au sein d'anciens camps) l'ont géré.
Les "enfants" de la communauté indochinoise donnent les raisons qui les poussent à retourner sur la terre qui les a vus naître, la terre de leurs aïeux.
En découvrant le mode de vie indochinois sur le lieu d'origine, on comprend mieux pourquoi leur existence au sein d'un ancien camp militaire ou d'anciens corons d'une mine désaffectée fut propice au maintien d'habitudes héritées de la vie indochinoise : cuisine, langue et religion en sont les indices les plus flagrants.
L'impression qui se dégage du film et des propos des sujets filmés est un mélange de colère et de nostalgie. Pour leur part, enfants de la communauté, les jeux pratiqués sont transplantés de l'ancienne colonie vers la métropole d'accueil par leurs aînés. Le film se propose d'aller à la rencontre des enfants du Vietnam pour lesquels la pratique des jeux traditionnels vietnamiens est quotidienne. Le périple vietnamien permet de comprendre pourquoi il fut nécessaire à ces natifs d'Indochine de reproduire le mode de vie indochinois sur le sol d'accueil pour survivre.
Si les enfants ont peu investi le culte de leurs parents, le film permet de comprendre la raison pour laquelle ces derniers, ceux-là même qui ont subi le déplacement, investissent leur pratique du culte où les croyances populaires revêtent une importance toute particulière.
Si les uns sont bien assimilés au sein de la communauté nationale à travers l'exercice de leurs professions (fonctionnaires de police, enseignants, militaires, artisans, ...) ou de leur situation sociale et familiale (mariages avec les Françaises du pays, p.e.), les autres continuent de mener une existence frôlant l'intolérable (habitat précaire lié aux situations de maladie, de handicap, de chômage,...). Si les uns sont engagés dans la vie politique et sociale de leur cité, les autres demeurent en marge d'une société qui les négligent malgré l'ouverture de la boîte de Pandore qu'est la réhabilitation du site qui les abrite balayant par là-même les traces d'une Histoire française de plus d'un demi-siècle.
En somme, le film est une illustration d'une période noire de l'Histoire nationale.
A propos du titre
En sanscrit, Quan Âm répond au nom d'Avalokisteshvara, le bodhisattva de la Compassion.
C'est la déesse de la Compassion et de la Sagesse particulièrement vénérée dans les pagodes vietnamiennes. Elle peut être représentée sous différentes formes. C'est une manière de dire qu'elle a la faculté de se métamorphoser. Si la déesse est représentée avec plusieurs bras et yeux, on la trouve aussi voguant sur une fleur de lotus, un enfant dans les bras. Ainsi, au Vietnam, elle est la déesse des enfants adoptifs.
Le symbole est important puisqu'il n'est pas exagéré de dire que la France a abandonné "ses enfants" venus d'Indochine depuis plus de 50 ans malgré le projet de réhabilitation du site qui les abrite. Il est probable qu'au moment de l'achèvement de cette réhabilitation, ceux qu'on appelle "les ayants-droits" auront tous rejoint la terre de leurs ancêtres.
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VIII.- "Les Requis indochinois..." (livre)
"Les Requis indochinois et la Marâtre"
(1945-1952)
(c) Editions du Sampan / Matthieu SAMEL - 2010
Cet ouvrage tente de réhabiliter la mémoire d'un groupe d'individus dont la France a nié l'existence comme si elle correspondait à une période indicible de son Histoire.
Il décrit l'attitude des Autorités Françaises au moment où la Libération de la France aurait dû provoquer un revirement d'attitude chez ces dernières, s'agissant de la gestion de la politique coloniale de la France, celle touchant les groupes de coloniaux démobilisés, les travailleurs forcés... En réalité et paradoxalement, les héros de la Libération acceptaient mal qu'un pays (une colonie) puisse aspirer à son indépendance selon le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tel que défini par le préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, fruit de la Révolution Française.
L'état d'esprit des Indochinois présents sur le sol de France au moment de la Libération, fut forgé par le sentiment d'être injustement traités (c'est un euphémisme) : au moment où l'accord provisoire du 6 mars 1946 reconnaissant le Vietnam d'Hô Chi Minh comme un état libre ayant ses institutions propres mais demeurant dans le giron de de la Confédération Indochinoise et de l'Union Française, venait d'être passé entre Jean Sainteny et Hô Chi Minh, le Général de Gaulle avait déjà affirmé, à Alger, en juin 43, sa volonté de rétablir la souveraineté de la France sur ses territoires d'outre-mer. Lui, l'homme du 18 juin, ne parvenait pas à reconnaître l'aspiration d'un peuple à son auto-détermination : la mise sur pied du Corps Expéditionnaire Français d'Extrême-Orient, le CEFEO, fut une réponse brutale à cette aspiration. Ainsi, le 23 novembre 1946, les bombardements d'Haïphong qui firent, selon Paul Mus, quelques 6000 morts, essentiellement des civils, marqueront le début de la première guerre d'Indochine.
Dans les casernes, les militaires indochinois, ceux-là même qui ont contribué à la Libération de la France, seront "maltraités" dès qu'ils s'insurgeaient contre la présence française en Indochine : privation de soldes, de nourriture,... cellules d'isolement, déportations vers les geôles d'Algérie ou de Madagascar.
Les revendications de ces soldats se résumaient souvent en un traitement plus digne eu égard à leur statut d'anciens combattants ayant contribué à la libération de la France. Ce qui ne leur sera jamais accordé. Quant aux travailleurs forcés de la MOI, le service de la "Main-d'oeuvre indigène, nord-africaine et coloniale", ils étaient cantonnés dans les camps d'hébergement du Sud de la France dont ceux de Bias et de Sainte-Livrade, à quelques kilomètres de Villeneuve s/Lot, dans le Lot-et-Garonne.
Tous étaient en attente d'un rapatriement vers leur pays d'origine. La défaite de juin 40 ayant interrompu les liaisons maritimes, celles-ci n'auront pu reprendre qu'en 1948 et le rapatriement ne trouvera son terme qu'à la fin de 1952.
Durant tout ce temps, ils auront forgé leur éducation politique, suivant avec intérêt le mode de contestation des Français lors de manifestations ou bien par le biais de groupements d'extrême-gauche, de sympathisants communistes hostiles à la colonisation. Ils furent aussi infiltrés par les groupes proches du Viet Minh mené par Ho Chi Minh, le futur vainqueur de Dien Bien Phù aidé par son stratège de génie, le Général Nguyen Vo Giap.
Les Indochinois avaient la faculté d'apprendre vite et affirmaient leur intention de reproduire ces modes de protestation dès leur retour dans le pays d'origine.
Du fait de la méthode de réquisition, le sort de ces soldats et celui de leurs pairs travailleurs requis du service de la MOI étaient intimement liés. Les travailleurs indochinois suggéraient à leurs pairs, tirailleurs, de demander leur incorporation dans leurs compagnies afin de bénéficier d'un surcroît de "liberté".
Une question peut émerger enfin : que se serait-il passé si la France avait accepté les termes de l'accord du 6 mars 1946 alors que Hô Chi Minh s'est vu reprocher certaines concessions par ses propres compagnons ?
S'appuyant sur des documents d'archives, cet ouvrage se propose de décrire cette situation historique, ...dérangeante du fait même de sa capacité à briser la tradition d'accueil habituellement attribuée à la France.
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L'ouvrage vous intéresse : commandez votre exemplaire
(Editions du Sampan, env. 270 pages, 14,8 x 21, tirage limité)
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L'Arraudière, Place du Monument 65240 ARREAU
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Librairie Martin-Delbert 85 boul de la République 47000 AGEN
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Librairie Quesseveur 2 place des Laitiers 47000 AGEN
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Librairie Sudestasie 17 rue Cardinal Lemoine 75005 PARIS
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Sur Internet :
Librairie du Littoral (VOIR)
Librairie Dialogues (VOIR)
IX.- Les Fruits amers se dégustent aux Rencontres de Duras
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La projection du film : "Les Fruits amers..." est programmée
le vendredi 13 mai 2011
(à partir de 20h30)
dans le cadre des Rencontres de Duras (47)
Réservez votre soirée !!
En espérant vous y retrouver
pour discuter et déguster ces fruits amers... ensemble.
N'hésitez pas à en parler à vos amis et vos proches.
A bientôt !!
Pour plus d'infos, cliquez sur ce lien :
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X.- Le CAFI au THEATRE
Le CAFI au Théâtre de l'Opprimé (Paris)
(avec Vladia Merlet)
Presse : ICI
XI.- La communauté indochinoise : un point au ...
En novembre 2004, les autorités en charge du Centre d’Accueil des Français d’Indochine de Sainte-Livrade s/Lot (Municipalité) évoquèrent les premières décisions relatives à la réhabilitation du site : le point qui achoppa alors fut la velléité d’adopter une opération « à tiroir » s’agissant du relogement provisoire des résidents du centre, le temps des travaux de destruction-construction.
Cela eut pour conséquence une levée de bouclier de la part des associations de défense des rapatriés d’Indochine. Ce fut la première manifestation que les médias du pays relayèrent après 50 ans de présence des Indochinois sur la métropole.
Janvier 2004, à l’initiative de l’ARAC et de la CEP (associations de défense des intérêts des résidents du CAFI), une réunion de réflexion fut mise en place à la Mairie du XIe arrondissement de Paris réunissant des représentants de la communauté noyantaise et livradaise. En tant que représentant de l’Association pour les Arts et les Cultures d’Indochine, je pris part aux débats. Remarquez comme les événements mettent du temps à évoluer...
Voilà le texte de mon intervention lors de la réunion du 27 janvier 2005 à PARIS (Mairie du XIe)
Depuis l’automne 1955, à la suite des Accords de Genève (21 juillet 1954), la métropole a dû recevoir de nombreux rapatriés eurasiens du Nord et du Sud Vietnam.
Trois ministères successifs, Ministère des Affaires Etrangères, Ministère de l’Intérieur, Secrétariat d’Etat aux Rapatriés, ont eu à résoudre ce problème angoissant qui consistait alors à intégrer et reclasser au sein de la France une population aux origines variées et aux fortunes diverses.
Le déclencheur de notre mouvement actuel provient bien sûr du projet de réhabilitation du CAFI dont nous avons reçu, tous ici, l’écho. Pour la plupart d’entre nous, ce fut le lieu de notre naissance. Pour les autres, ce fut le lieu de notre enfance, celui qui nous a vus grandir, le lieu qui nous a donné les moyens d’être ce que nous sommes aujourd’hui : des hommes et des femmes responsables dotés des différences dont les caractéristiques singulières résident dans les conditions de vie que personne, avant nous, ne s’aventurerait à nous envier.
Quand certains prétendent que les conditions de vie octroyées au moment du rapatriement aux membres de la communauté indochinoise ne furent pas plus mauvaises que celles connues par d’autres populations françaises, il faut bien remarquer que dans le cas des Indochinois « rapatriés », leur déplacement n’est nullement consécutif à un choix délibéré de leur part, échaudés qu’ils étaient par les avertissements venant des autorités coloniales : « Suivez-nous » leur disait-on. « Si vous restez, vous allez vous faire massacrer ». Ils étaient convaincus d’être des traîtres à la cause vietnamienne. Là se situe bien le lieu de leur traumatisme. Nos parents n’avaient guère le choix, en vérité. Ils étaient liés aux autorités coloniales pour différentes raisons. Pour leur malheur, nos mères ont souvent rencontré des soldats du Corps Expéditionnaire, les ont aimés et leur ont donné des enfants. Pour les autres, ce fut leur engagement dans les services de l’administration coloniale qui les lieront à la France. A Sainte-Livrade, nos pères étaient la plupart du temps trop malades ou trop âgés pour parvenir à se reclasser dignement.
Comparer la situation des rapatriés d’Indochine à celle d’un certain nombre de Français de souche s’apparente bien à une manière de nier leur problème et s’exonérer de toute tentative de le solutionner.
Car leur existence est surtout liée au fait que le Sud Vietnam, par l’intermédiaire du Consulat de France à Saigon, refoulait alors sur la métropole une centaine de personnes par mois qui, acculées à la misère arrivaient en France dans un état physique lamentable. Ces rapatriés étaient immédiatement dirigés vers les centres de Noyantd’Allier
(Allier) pour les plus valides, aptes au travail, sur Sainte-Livrade, véritable centre médico-social, s’il s’agissait d’inaptes physiques, de femmes seules chargées d’enfants, de vieillards, …
En somme, Noyant était une plaque tournante vers le reclassement normalisé après réadaptation, Sainte-Livrade fut une voie de garage, ce qui n’excluait pas des mutations en vue d’un reclassement lorsque la chose paraissait possible (après longue maladie, par exemple).
Jusqu’au moment du désengagement de l’Etat de leur gestion, il ne faut pas s’étonner de l’existence de ces centres d’accueil pour lesquels les crédits financiers engagés, sévèrement contrôlés, ont toujours été limités au strict minimum compatible avec l’économie et l’efficacité.
Paradoxalement, lorsque l’installation en 1963 d’un Service d’Accueil et de Reclassement des Français d’Indochine et des Français Musulmans dans le cadre du Ministère des Rapatriés laissait entrevoir une normalisation des efforts faits depuis 1955 et une accélération du reclassement engagé, c’est à une opération inverse que l’on assista.
Ceci pour deux raisons principales :
- la loi du 26 décembre 1961 n’est pas applicable aux rapatriés d’Indochine (sinon aux réfugiés politiques) car elle n’est pas rétroactive ;
- on assiste à une débauche de crédits en faveur du CARA de Bias et de ses résidents alors que le centre pour Eurasiens de Sainte-Livrade est privé de tout subside d’entretien.
Dès l’année 62, au lendemain de la promulgation de la loi-cadre de décembre 1961, le Dr Yann Daoulas, alors médecin-commandant de l’Armée, chef du dispensaire des deux centres d’accueil de Bias et Sainte-Livrade, distants de quelques 6 kilomètres, pointa le caractère discriminatoire des dispositions et des moyens mis en place en vue d’aider les deux populations.
A titre d’exemple, on pourrait dire que pour une population sensiblement identique, les dotations de l’Etat s’élevaient du simple au double, sans que l’on connaisse les raisons de ces disparités selon qu’il s’agit des Indochinois ou des Français Musulmans.
En octobre 1975, à l’issue de la réunion qui devait clore une série qui en comportait dix, Monsieur Nguyen Van Sang formulait au nom de ses pairs des doléances restées sans effet.
Il relevait alors et déjà que « le centre de Bias disposait d’un budget de près de 145 millions de centimes alors qu’à Sainte-Livrade, il ne s’élevait qu’à moins de 50 millions. On comprend pourquoi tout se dégrade et pourquoi les vieux souffrent ».
Je rajoute que les deux populations sont sensiblement identiques tant en nombre qu’en termes de structure familiale.
La question du relogement se posait déjà. Nguyen Van Sang ajouta alors : « Dire que nous sommes pleinement d’accord avec les HLM serait sans doute exagéré. Il s’agit surtout d’un sentiment d’appréhension et de crainte ». Ces propos datent de mars 1975, j’insiste.
Il y a fort à parier qu’au plus haut niveau de l’Etat, le problème est ignoré car il est volontairement ou involontairement occulté.
Encore récemment, nous avons pu le constater avec le rapport du député Diefenbacher de septembre 2003 qui n’accorda que quelques lignes à notre communauté.
L’évocation de son existence fut pour le moins laconique et procédait de l’anecdote, arguant de la prétendue intégration de ses membres.
Quand il fut présenté aux habitants du CAFI, le projet de réhabilitation constitua la goutte d’eau qui fit déborder le vase puisqu’il fut présenté comme procédant d’un processus irréversible, contraires aux déclarations d’intention de résorption énoncées dès les années 70, lorsque la Préfecture d’Agen, en la personne du Préfet Feuillolet, initia une série de dix réunions discutant du sort des deux centres d’accueil encore existant en France : celui de Bias et celui de Sainte-Livrade.
Le sentiment de crainte et d’appréhension évoqué par Nguyen Van Sang reste à l’ordre du jour : pourquoi avoir attendu si longtemps pour annoncer sans précaution aux résidents du CAFI une décision prise sans concertation, les acculant au mur, une épée de Damoclès au-dessus de leur tête ?
Cependant, je fais partie de ceux qui pensent que le problème posé par la réhabilitation du CAFI n’est que le facteur déclencheur d’une réflexion qui, me semble-t-il, doit être plus vaste.
Cette réflexion doit, désormais, nous permettre de poser la question de la reconnaissance officielle par l’Etat d’une communauté indochinoise française dans son ensemble. Ceci me semble être la condition sine qua non et préalable à un élargissement des dispositions de la loi de décembre 1961 à l’ensemble des rapatriés, quelle que puisse être leur origine ethnique.
Pour l’heure, il me semble hasardeux et précoce d’émettre des doléances chiffrées telles que certains ont pu le faire.
Parce que notre communauté souffre depuis son arrivée en métropole d’une sorte d’ostracisme de la part des autorités de tutelle, la question se pose avec une acuité particulière depuis que se pose la question de la réhabilitation du CAFI, notre lieu commun de mémoire.
Ce dernier aspect ne doit pas occulter et nous faire perdre de vue le fait que la problématique demeure liée à la manière dont l’Etat et les autorités chargées de la gestion des centres d’accueil traitent la communauté indochinoise. En cela, la discussion du projet de loi Alliot-Marie (1), lequel est sensé clore définitivement la question de l’indemnisation et de la reconnaissance de la Nation en faveur des Français d’Outre-mer, continue de nous laisser un goût amer puisqu’il occulte une fois de plus l’existence de notre groupe, annihilant les souffrances et les sacrifices endurées par nos pères et mères contraints de quitter le pays qui les a vus naître pour rejoindre une métropole qu’ils imaginaient être un eldorado, pour eux et leurs descendances.
Quels qu’aient pu être leurs choix, les autorités françaises auront su les convaincre de prendre leur parti et abandonner terre et famille pour rejoindre une patrie synonyme de bien-être et de liberté. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la France n’aura pas été très reconnaissante.
Les déclarations du Ministre délégué aux Anciens Combattants du gouvernement Raffarin le confirment.
Quand il évoque le sort des rapatriés eurasiens qui ont regagné la France après les Accords de Genève en 1954 et le retrait de la France du Sud Vietnam en 1955, Philippe DUBOURG, député de Gironde, a attiré l’attention des autorités publiques sur le sort réservé aux rapatriés d’Indochine dont -je cite- la situation n’a guère évolué, au contraire même s’est dégradée au fil des ans, dépossédés de tout par les années de conflits et de combats et deux années d’errance dans les camps de transit, …à l’écart de la communauté nationale, vivant dans l’oubli et le non-droit, faute de ne pouvoir se faire entendre des pouvoirs publics.
Ainsi le député pose la question des mesures que le gouvernement compte prendre pour donner les moyens à ces ressortissants français de s’enraciner durablement et de manière décente dans la communauté nationale. La réponse fut brutale et évasive à la fois, comme à son habitude, occultant l’existence d’un dispositif spécifique accordé à d’autres communautés dont l’Histoire et l’itinéraire ne différent guère. Le ministre, dans sa récente réponse, prétend laconiquement qu’entre 1954 et 1974, les rapatriés de l’ex-Indochine ont pu obtenir les aides et les secours prévus par la législation. Il occultera le caractère d’ostracisme des dispositifs de 1992 et suivants, réservée spécifiquement à ceux que l’on appelle les RONA, les rapatriés d’origine nord-africaine.
Cette impression d’ostracisme s’avèrera plus cruelle encore depuis que les événements récents qui se sont déroulés en Côte-d’Ivoire ont entraîné un grand nombre de ressortissants français à réintégrer leur sol d’origine et que les dispositions de la loi de 1961 ont été immédiatement et naturellement appliquées à cette nouvelle population rapatriée.
Il en était déjà de même des Français installés sur les Iles franco-britanniques de Nouvelles-Hébrides contraints au retour suite à l’accession à l’indépendance de ce qui allait devenir les Iles Vanuatu. L’Etat, par ordonnance du 30 juillet 1980, a naturellement étendu les dispositions de la loi de 1961 à ces rapatriés. L’événement ne fera qu’accentuer notre impression d’être oubliés et ostracisés.
En fait, nos parents se sont retrouvés en camps de transit pudiquement appelés centres d’accueil de rapatriés d’Indochine, dénomination initiale qui se transformera en centres d’accueil de Français d’Indochine dès lors que les autorités se seront rendues compte du caractère inhumain de l’arrêté Morlot de mai 1959 qu’elles étaient chargées de faire appliquer.
La question de la réhabilitation du CAFI de Sainte-Livrade a suscité une question liée au problème indochinois dans son ensemble. La manifestation que nous avons initiée avec l’association des résidents du CAFI en soutien à la population encore existante a été l’élément qui remet l’urgence de notre réflexion à l’ordre du jour.
Les autorités ont su flatter notre ego, l’ego de nos parents en propageant à qui veut l’entendre que nous constituons une communauté intégrée, citant notre intégration comme exemple.
Il s’agit bien là d’une tromperie, d’un propos fallacieux destiné à occulter l’existence de notre communauté et les problèmes spécifiques de nos parents, accueillis dans des camps qui rappellent bien les camps d’internement avant que d’être des lieux d’accueil d’immigrés espagnols puis de notre communauté.
Le camp de Bias construit dans les mêmes conditions et présentant la même structure de baraquements, a servi de camp de transit à nos parents. Il est un exemple éloquent et singulier puisque ce dernier a servi dès les années d’après-guerre (1946) à enfermer les requis indochinois réfractaires du service de la Main d’oeuvre Indigène et coloniale (MOI) qui ont eu le malheur de manifester leur hostilité à la présence française sur le territoire de la colonie, en attendant d’y être expulsés (2).
2004 a été une date historique et symbolique pour notre association qui s’est associée à la coordination des Eurasiens de Paris et a mis en place un colloque sur le thème de l’Indochine (les accords de Genève de 1954 et ses suites) et s’est proposé de discuter du contexte historique qui a présidé à l’existence d’une communauté telle que la nôtre.
Cette date historique parce qu’elle est peu glorieuse dans l’inconscient collectif français, est occultée comme s’il s’agissait d’un événement honteux : comment une des principales armées occidentales a-t-elle pu céder devant une armée de « nha qué » ?
Cette défaite inattendue par les uns, cette victoire pour les autres, une amnésie pour les uns, une fête nationale pour les autres, n’est évoquée que d’une manière furtive et anecdotique dans nos manuels d’Histoire.
L’historiographie officielle démontre bien de sa faculté à occulter certains faits historiques comme si notre mémoire était sélective.
Pourtant, toute proportion gardée et quoi que l’on puisse lui reprocher, l’Amérique pourrait nous donner une nouvelle fois une leçon : le massacre perpétré à My Lai par les Américains, causant la mort de 500 femmes et enfants a fait l’objet d’un film diffusé par la TV vietnamienne en mars 1999 à l’occasion de la commémoration de ce massacre : « Interviews with My Lai Veterans », court métrage documentaire réalisé par Joseph Strick en 1970.
A quand notre propre commémoration, fût-elle pour reconnaître que l’action « civilisatrice » outre-mer de la France ne comportât pas que des aspects positifs ?
Quand la Nation française sera-t-elle capable de reconnaître ses torts, comme les Américains, à l’image de Robert McNamara, ont pu faire leur mea culpa au lendemain de leur guerre du Vietnam ? Ou encore à l’image du lieutenant Calley dans le journal Le Monde (3).
Globalement, on peut avancer que le problème des populations « déplacées » revêt toujours un aspect majeur inhumain.
Dans le cas de l’Indochine, ce déplacement fut étroitement lié à des circonstances de l’Histoire et frappe des hommes, des femmes et des enfants fortement sous-développés que rien, le plus souvent, ne prépare ou ne prédispose à un voyage sans retour.
La France, nation traditionnellement accueillante, n’a pas su faire appliquer dans son ensemble les mesures généreuses prévues par la loi de 61. C’est ce que nous avons regretté et pouvons continuer à regretter.
Enfin, en guise de conclusion, la non application de la loi de décembre 61 aux rapatriés d’Extrême-Orient, l’aspect prioritaire des questions musulmanes, la sagesse et la résignation des Eurasiens font que les problèmes de notre collectivité demeurent intacts. Ce ne sera une valse des bulldozers qui nous en dissuadera.
Nous ne parviendrons à nos fins qu’à partir du moment où nous accepterons de prendre en charge notre destin. Nous devons nous donner la main et montrer que nous sommes une force. Des personnalités du cinéma, de la chanson, du monde scientifique et technique sont prêts à nous y aider dès lors que nous leur montrerons notre détermination et notre volonté de voir la situation se modifier. Pour nos parents qui sont les premières victimes, pour nous-mêmes afin de nous réconcilier avec leur histoire, pour nos enfants, afin de mieux comprendre ce que nous sommes et progresser dans notre quête d’identité, dans notre vie d’hommes, alors nous nous devons d’avancer main dans la main, avec ténacité.
Et je suis heureux de constater que notre réunion d’aujourd’hui rassemble aussi bien les Vietnamiens de la diaspora que les membres de la communauté livradaise et celle issue de Noyant dans l’Allier. Il est important qu’un consensus s’établisse au sein même de notre communauté.
Nous nous devons de relever ce défi afin que nous ayons le courage de regarder nos enfants « droit dans les yeux », sans honte. A nous de réfléchir sur la question des moyens.
Pour l’AACI (Association pour les Arts et les Cultures d’Indochine)
Matthieu SAMEL
(1) Le texte définitivement adopté est consultable sur le site de Légifrance à l'adresse :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000444898&dateTexte=
(2) voir mon ouvrage sur http://editionsdusampan.canalblog.com
(3) « Massacre du village de My Lai : les excuses du lieutenant Calley » , Le Monde, 22 août 2009.



